Psoas, pourquoi le nomme-t-on muscle de l’âme?

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Psoas, muscle de l’âme?

Le psoas est un muscle massif qui influence énormément le corps. C’est d’ailleurs le seul muscle à relier la colonne vertébrale et les jambes. On lui donne parfois le surnom de « muscle de l’âme ». car il entretient une relation particulière avec le système squelettique, le diaphragme, les organes et le système nerveux. Le psoas est d’ailleurs intimement relié à nos réactions face à des événements stressants, ce qui en fait un élément clé dans certaines approches thérapeutiques du corps.

Vrksasana

Dans Vrksasana (posture de l’arbre), le psoas de la jambe qui est fléchie est en contraction isométrique c’est-à-dire qu’il est contracté pour résister contre la gravité. [Crédits photo : www.wetravel.com]

Un psoas dysfonctionnel ou trop tendu

Un dysfonctionnement du psoas peut contribuer à différentes conditions physiques dont notamment :

  • dysfonctionnement du plancher pelvien;
  • douleurs au bas de dos, aux hanches, aux genoux et aux joints sacro-iliaques;
  • inégalités dans la longueur des jambes;
  • douleurs menstruelles;
  • problèmes de digestion; ainsi que
  • débalancements émotionnels.

En fait, un psoas trop contracté peut créer une hyperlordose ou un débalancement gauche-droite et affecter l’alignement du corps entier. D’ailleurs, quand on mentionne un dysfonctionnement de ce muscle, on réfère souvent au muscle qui serait trop contracté. À noter que nous avons en fait deux psoas (un de chaque côté). Il peut donc être trop contracté d’un seul côté créant ainsi un débalancement pouvant se répercuter jusque dans le cou. Il peut aussi être trop contracté des deux côtés à la fois, ce qui pourrait avoir comme effet un bas de dos très cambré (hyperlordose).

Un accident, des expériences traumatiques ou encore des habitudes (comme une simple posture assise, par exemple) sont tous des facteurs qui peuvent mener à un psoas trop tendu.

Si le psoas est trop contracté, il faudra le relâcher avant de l’étirer.

Le psoas et le système nerveux

C’est notre système nerveux qui contrôle les fonctions de notre corps comme la respiration, le battement cardiaque, la digestion et le rythme respiratoire. Le système sympathique est une des deux grandes divisions du système nerveux. C’est la portion responsable de stimuler notre réaction de combat-fuite, mieux connue sous les termes fight or flight reaction. Le système nerveux sympathique s’étend le long de la colonne vertébrale jusque dans les vertèbres lombaires… justement là où se trouve le psoas. Il existerait donc un lien important entre les réactions à des évènements stressants et ce muscle. C’est d’ailleurs le muscle qui nous fait nous recroqueviller en boule quand on a peur et c’est aussi le muscle qui nos prépare à fuir en agissant sur la locomotion.

Détails anatomiques

Psoas et autres muscles

[Image adaptée de Rαge (Wikimedia Commons)]

Le psoas est un faisceau de l’ilio-psoas (psoas-iliaque). De chaque côté du corps, l’ilio-psoas comprend deux faisceaux soit l’iliaque et le psoas. L’iliaque s’attache à la face interne de l’aile iliaque, se prolonge sur l’aile du sacrum et se termine sur le petit trochanter (fémur). Le psoas a deux faisceaux qui se réunissent à L5 : un profond qui s’attache aux processus transverses de L1 à L5 et un superficiel qui s’attache de T12 à L4 ou L5. Il se termine aussi sur le petit trochanter (fémur) sur le même tendon que l’iliaque.

Le psoas joue plusieurs rôles. Il est notamment fléchisseur de la cuisse sur le bassin et vice-versa. Il joue un rôle majeur sur le placement du bassin en relation avec d’autres muscles. C’est aussi un rotateur externe. Contracté unilatéralement, il agit sur la flexion latérale des lombaires. On a longtemps considéré le rôle du psoas comme locomoteur. Cependant, il agirait plutôt comme une paire de tendeurs orientant la colonne vertébrale, influençant du même coup le cœur, les poumons et la respiration.

Une référence intéressante : Liz Kock, The Psoas Book