Apprivoiser les postures d’équilibre sur les mains

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Un petit guide pour se débarrasser de ses croyances limitantes

Les croyances limitantes sont des attitudes, des convictions, des pensées ou des paroles qui nous contraignent ou nous inhibent. On se les impose souvent soi-même ou on laisse notre entourage nous les imposer.

Je ne suis pas une sportive née, alors je ne peux pas pratiquer de postures d’équilibre sur les mains.

Exemple de croyance limitante.

Nos expériences de vie et notre éducation forgent nos croyances limitantes; on tire des conclusions et on adopte des habitudes en fonction de ce qui nous arrive et en fonction de ce que l’on apprend. Parfois, nos croyances limitantes nous servent à excuser nos échecs et d’autres fois à masquer nos peurs. Peu importe d’où elles proviennent, elles affectent les actions que l’on prend et, par conséquent, les résultats que l’on obtient.

On utilise nos croyances limitantes pour se raconter des histoires qui collent à l’image qu’on entretient de nous-même. Pour ma part, j’aime bien cultiver l’identité de la professeure de yoga qui ne pratique par de postures d’équilibre sur les mains. Comme j’en ai assez de cette croyance limitante, je l’attaque de front. Voici un guide étape par étape pour apprivoiser les postures sur les mains.

1 – Développez un meilleur enracinement des mains

Commençons par le début. Pour se tenir sur les mains, c’est primordiale de bien les déposer au sol. On peut pratiquer le placement des mains dans la posture de l’enfant (Balasana) pour ensuite l’intégrer dans la posture du chien tête en bas (Adho Mukha Svanasana) et finalement s’assurer que l’enracinement reste le même dans les postures portant plus de poids sur les mains. Ça s’applique à la posture d’équilibre sur les mains (Adho Mukha Vrksasana), mais aussi aux planches (Chaturanga dandasana) et planches latérales (Vasishtasana).

Pour développer un meilleur enracinement des mains, écartez bien tous les doigts. Répartissez le poids dans l’ensemble de vos mains, comme si tous les os de chaque main pressaient également au sol. Pensez particulièrement à enraciner la base de l’index, car on a souvent tendance à amener plus de poids vers l’extérieur de la main ce qui crée des compressions indésirables.

placement des mains

2 – Expérimentez dans le chien tête en bas

Le chien tête en bas est une belle posture pour apprivoiser les équilibres sur les mains. En la pratiquant avec les talons bien hauts au mur, on amène plus de poids vers l’avant du corps, car le bassin se dirige tranquillement au-dessus des épaules. Lorsque vous serez dans la posture, assurez-vous d’activer les cuisses comme si vous vouliez les presser vers le mur. Vérifiez que la base de l’index est encore bien enracinée.

chien tête en bas

3 – Commencez face au mur pour apprivoiser l’équilibre sur les mains

À partir du chien tête en bas illustré sur la photo précédente, déplacez vos mains plus près du mur soit à mi-chemin en l’endroit où elles étaient posées et le mur. Soulevez un pied à la fois, puis allongez les jambes sur le mur. Cette façon d’apprivoiser la posture vous mettra de vérifier l’enracinement de vos mains en plus d’expérimenter l’alignement du reste du corps. Maintenez la posture quelques respirations en explorant les éléments suivants. À chaque exploration, remarquez vos réactions émotionnelles ainsi que l’effet du mouvement dans l’ensemble de votre corps.

  • Laissez le dos se creuser et sortez les fesses.
  • À l’inverse, allongez le bas du dos et engagez les abdominaux.
  • Variez la position de la tête en regardant d’abord vos mains puis vers le mur.
  • Relaxez les jambes, puis engagez les jambes comme si elles vous étiraient vers le plafond. Remarquer le contraste entre l’une et l’autre de ses actions.
  • Poussez plus fort et moins fort vos mains au sol.
inversion face au mur

4 – Essayez l’équilibre sur les mains, dos au mur

J’ai trouvé beaucoup de vidéos sur YouTube qui démontraient la posture d’équilibre sur les mains à partir de cette étape. C’est drastique pour quelqu’un qui a envie d’apprivoiser la posture. Personnellement, j’ai encore peur d’essayer la posture de cette façon. Si c’est aussi votre cas, je vous suggère de continuer à explorer les étapes précédentes jusqu’à ce que vous ayez intégré l’enracinement des mains, l’engagement des jambes et jusqu’à ce que vous vous sentiez plus à l’aise à porter le poids de votre corps dans vos mains.

En observant différentes photos du Web de la posture d’équilibre sur les mains, je remarque deux grandes tendances d’alignement. Beaucoup de personnes l’exécutent en accentuant les courbures cervicales (cou) et lombaires (bas du dos). Dans cette façon de faire la posture, le regard est porté vers les mains et la colonne vertébrale prend une allure de « C ». C’est la tendance que j’observe aussi sur ma photo ci-dessous quoique les courbures ne soient pas grandement exagérées.

La deuxième tendance est de tendre vers un alignement qui ressemble à celui qu’on aurait si on inversait la posture (pieds au sol, mains vers le plafond) : le regard vers l’avant, le dos droit, les jambes longues et actives. C’est la tendance que j’observe sur la photo de l’étape 3. C’est cet alignement que j’aimerais développer dans ma posture, car c’est celui avec lequel j’ai naturellement plus de difficulté :

  • La colonne est neutre et honore les courbes naturelles du corps sans les exagérer.
  • Le bassin neutre (aucune antéversion ou rétroversion).
  • Les poignets et mains sont sous les épaules.
  • Le cou est long et le regard vers l’avant.
  • Le tronc est stable, actif et connecté aux membres.
  • Les jambes sont actives.

Si je me fis à la photo ci-dessous, j’ai encore du travail à faire ! En effet, mes jambes ne semblent pas assez actives ce qui ne m’aide pas à engager mon tronc pour éviter de laisser mes côtes flottantes sortir vers l’avant. Deplus, mon regard tourné vers le sol exagère la courbure de mon cou et, par conséquent, celle de mon bas du dos. Cependant, la base de mes index est bien enracinée ce qui m’évite des problèmes possibles aux poignets.

inversion dos au mur

Pour monter dans la posture, j’ai commencé dans le chien tête en bas en amenant le bassin de plus en plus haut. J’ai ensuite fouetté de façon dynamique une jambe vers le mur et fait suivre la deuxième. J’aurais aussi pu travailler à monter plus lentement dans la posture en décollant les deux jambes en même temps du sol. Soulever les deux jambes en même temps fait appel à un bon contrôle abdominal. C’est un travail qui demande de la patience, mais qui développe la posture de manière durable.

5 – Normalisez votre pression après la posture d’équilibre

Après avoir pratiqué une posture d’inversion, c’est primordial de prendre le temps de normaliser sa pression. Cela peut se faire debout en déposant le front au mur, au sol dans la posture de l’enfant ou encore en se positionnant comme sur la photo ci-dessous.

normaliser la pression

À votre tour ! Essaierez-vous de vous tenir sur vos mains ? Si cette posture ne vous interpelle pas particulièrement, pouvez-vous remarquer une croyance limitante que vous entretenez ? Seriez-vous capable de l’attaquer de front ?

Ressource additionnelle

J’ai eu mon premier déclic avec la posture d’équilibre sur les mains en écoutant le balado Movement by Lara. Dans l’introduction de l’épisode 6, l’auteure exprime la croyance limitante qu’elle entretenait elle aussi sur cette posture : « Je pensais que je ne ferais jamais la posture d’équilibre sur les mains de ma vie; jusqu’à ce que j’ai 36 ans, je ne l’avais toujours jamais fait. » (traduction libre). Si vous comprenez l’anglais et que vous avez envie de découvrir l’épisode en question, le voici :